L'annonce de la cession possible du groupe Maury imprimeur au pôle hollandais HHBV dans notre édition du 17 juillet a suscité quelques réactions. En premier lieu celle de son patron Jean-Paul Maury s'étonne du traitement de l'information réservé à cette opération. Une information qu'il juge réductrice et inexacte, venue de la presse Internet spécialisée et de la rumeur du milieu de l'imprimerie, reprise in extenso par d'autres médias.
Rappelons que l'imprimeur Millavois discute avec M. Homberg et M. de Pundert de HHBV pour la reprise de son groupe. A ce jour, aucune signature n'est encore intervenue. Il faut pour cela l'aval des autorités européennes concernant les règles de concurrence. En effet, HHBV a déjà racheté les activités européennes du conglomérat canadien Québécor, leader sur ce marché. Le nouvel ensemble ne doit pas être en position de monopole.
Jean-Paul Maury voit dans cette cession possible une opportunité unique de transmettre son entreprise partie d'un petit atelier à Millau avec 15 salariés pour atteindre aujourd'hui une stature nationale avec 9 usines réparties sur le territoire. «Mon objectif n'est pas de vendre mon groupe, mais de le pérenniser. La nuance a toute son importance. J'ai aujourd'hui 63 ans, je n'ai pas d'enfant et ce sont des questions légitimes que je me pose », précise le Millavois.
Et d'ajouter, « J'ai la responsabilité de près de 2000 employés qui comptent sur la pertinence de mes choix ».
Maury Imprimeur possède de solides cartes en main pour réussir cette nouvelle orientation. Son activité et son résultat sont bénéficiaires et malgré de lourds investissements ou acquisitions d'entreprises ces dernières années, son niveau endettement « n'inquiète pas les banquiers » qui suivent l'entrepreneur dans ses projets. Bref, le standing du groupe lui permet de choisir ses interlocuteurs.
Dans cette cession au groupe Hollandais HHBV, Maury Imprimeur retrouverait Québécor France qui a toujours été un de ses plus féroces concurrents. Au point de fausser quelque peu les règles du jeu, le groupe canadien étant régulièrement déficitaire, contrairement à son entité européenne. Pour résister à cette pression, Maury Imprimeur a été contraint à une course à la performance et à la compétitivité sans répit.
« Ce regroupement, dans une même entité, permettrait de mettre de l'ordre dans tout ça et nous donnerait de réelles perspectives de pérennisation de nos unités qui serait assurée par une internalisation importante de notre activité», justifie le Millavois.
Il est à signaler le comité d'entreprise de l'unité de Millau a donné son accord pour cette opération.
Le nouveau groupe représenterait alors 27 sites et quelque 6600 salariés. Il est prévu que Jean-Paul Maury dirigerait la division France et donc tous les sites français pendant quatre ans. Le temps de transmettre. « La boucle sera alors bouclée. J'aurai fait mon devoir », conclut l'entrepreneur Sud-Aveyronnais.