Une installation photovoltaïque record au Maubert
Écrit par Philippe Donnaes | Jeudi 19 Juin 2008 11:05

La ferme du Maubert, à quelques kilomètres de Salles-Curan, abrite une des plus importantes installations de production d’électricité photovoltaïque de l’Hexagone. Les 1416 m2 de panneaux solaires produiront 1250 kWh par jour, soit l’énergie nécessaire pour alimenter une soixantaine de foyers.

La ferme du Maubert

Difficile d’imaginer, en serpentant sur la mauvaise route bucolique qui aboutit à l’exploitation de Mr et Mme Bru, que nous allons pénétrer dans un sanctuaire de la haute technologie. Et pourtant cette ferme des environs de Salles-Curan, qui est un plus gros producteurs de lait de brebis de la région, mériterait de figurer dans le Guiness book comme la plus grosse installation de production d’électricité photovoltaïque (voir encadré) connectée au réseau, de Midi-Pyrénées, voire de l’Hexagone dans l’état actuel du patrimoine de cette énergie verte.

L’agriculture réconciliée avec le développement durable

«Nous avions une bonne expérience en matière d’utilisation des énergies renouvelables» soulignent M. et Mme Bru, le couple d’agriculteurs utilisant déjà un système d’aérothermie, alimenté par capteurs solaires, pour le séchage du foin en grange, ainsi qu’un dispositif de chauffage de leur habitation par géothermie. Bien entendu, ce genre d’installation représente un côut d’investissement important «mais nous avons l’habitude, en tant qu’agriculteurs de travailler sur le long terme», précise Dominique Bru, et c’est l’occasion de montrer que tous les agriculteurs ne sont pas inféodés aux grands trusts agroalimentaires qui asphyxient la planète à grands bols de pesticides.

«Nous sommes des agriculteurs responsables et il est hors de question de ne laisser que des saloperies derrière nous» assène le jeune exploitant agricole. Dans la pratique cette installation record, constituée de 1118 panneaux solaires de 1,3 m2, soit une superficie d’environ 1450 m2, produira en moyenne 240.000 kWh chaque année, soit l’équivalent de la consommation d’une soixante de foyers.

C’est la société capdenacoise Mécatech qui a effectué l’ensemble des travaux, «onze mois de délais ayant séparé la phase des études du raccordement définitif au réseau» souligne Fabien Lhuislier, un des deux cogérants de la jeune entreprise créée en 2002.

Un savoir-faire issu de l’aéronautique

«Le photovoltaïque est un axe de diversification prometteur pour notre société» ajoute Yannis Desangles l’autre cogérant, «puisque nous travaillions auparavant, en tant qu’ingénieurs en mécatronique (1) dans l’aéronautique, principalement comme sous-traitant d’Airbus dans le cadre du programme de développement de l’A350».

Un savoir-faire pointu qui a permis à nos deux spécialistes de l’analyse dynamique des structures d’innover, l’entreprise ayant mis au point un système de rail breveté permettant d’interfacer directement une charpente métallique à un ensemble de panneaux solaires. Technique indisponible jusqu’alors la majorité des dispositifs développés par des sociétés d’origine germanique, ayant été conçus il y a plus de dix ans pour les charpentes bois.

«Notre système, qui s’adapte aussi bien sur les charpentes bois que métalliques, permet une modularité extrême ainsi qu’une grande facilité de raccordement.»
Autre avantage : aucune nécessité de mettre en œuvre une sous-couche, d’où ventilation optimale. Un facteur important, qui ajouté à l’exposition (de préférence plein Sud) et à l’inclinaison (autour de 45°), contribue à optimiser le rendement des panneaux.

(1) La mécatronique est une science de l’ingénieur combinant mécanique, électronique et l'informatique temps réel. L'intérêt de ce domaine d'ingénierie interdisciplinaire est de concevoir des systèmes automatiques puissants pour permettre le contrôle de systèmes hybrides complexes.

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Electricité photovoltaïque et chauffe-eau solaire
Ces deux technologies, basées sur l’utilisation du rayonnement solaire, ont des finalités énergétiques différentes. Dans la première, la lumière est convertie en électricité sous l’effet photoélectrique mis en évidence par le physicien français Becquerel en… 1839, et traduit en équations par Albert Einstein en 1905 ! Les photons lumineux provoquent l’apparition d’électrons libres, en venant percuter les cellules solaires des panneaux constitués de matériaux semi-conducteurs, d’où tension électrique entre les deux pôles et circulation d’un courant continu une fois relié à un circuit. L’installation photovoltaïque comprend donc également un (ou plusieurs selon la capacité) onduleur qui transforme ce courant continu en tension alternative. Il faut également distinguer les systèmes autonomes et les centrales raccordées au réseau, ce dernier cas de figure étant majoritaire. Les premiers (intéressants pour des habitations totalement isolées des circuits de distribution) permettent de vivre en autarcie énergétique complète sous réserve, bien entendu, de ne pas avoir une consommation trop dispendieuse. Mais le kWh produit est encore assez cher du fait de la nécessité de devoir stocker l’électricité produite et donc d’installer des batteries, celles-ci demeurant le maillon faible et coûteux du circuit. La seconde est, en revanche, une solution techniquement très simple à mettre en œuvre et financièrement rentable, EDF ayant aujourd’hui obligation de racheter le kWh produit au tarif de 57 centimes d’euro (pour les installations intégrées au bâti), cette valeur étant indexée sur l’inflation et l’évolution du coût de l’énergie. « Il faut grosso modo compter un investissement de 20 à 24 000 euros TTC pour une installation de 21 m2 » explique Fabien Lhuislier, « soit un retour d’investissement d’environ 8 ans ». Le principe du chauffe-eau est complètement différent puisqu’il exploite la capacité d’absorption électromagnétique d’un matériau en transformant l’énergie solaire en chaleur, à l’instar du phénomène qui se produit naturellement lorsqu’un tuyau d’arrosage est abandonné en plein soleil. Les performances de ce système de production d’eau chaude rudimentaire sont bien évidemment optimisées en utilisant des matériaux à coefficient d’absorption élevé et au fort pouvoir caloporteur, l’installation fonctionnant généralement sous-vide afin de limiter les déperditions d’énergie.

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