Depuis longtemps, les écolos prévenaient qu’énergie bon marché et gaspillage ne dureraient pas longtemps. Comme le gros fumeur, étonné de se retrouver à l’hôpital, aujourd’hui, on manifeste contre le pétrole subitement trop cher... alors qu’il peut très bien encore doubler dans les années à venir. Catastrophe pour nous ou chance pour la planète ?
Moins de noria de camions, plus besoin de doubler les autoroutes, assez des tomates belges en été (et encore plus en hiver) à Millau ni des patates bio d’Egypte ces jours-ci, assez de ces légumes de très loin sur nos marchés (on peut voyager gratuit rien qu’à regarder les étiquettes), assez de ce kérosène brûlé pour aller se faire bronzer sa cellulite sous des soleils lointains. A force de vivre à crédit (sur la planète), on va finir par le payer cher.
A défaut de se préparer dans la douceur un autre mode de vie plus durable, c’est dans la douleur qu’il faudra le faire, écrivait un certain Hulot il n’y a qu’un an et demi. C’est déjà là.
Par contre, le pétrole plus cher, cela créera (enfin) des emplois locaux, la mondialisation étant devenue (enfin) hors de prix. Vive la relocalisation. Au même moment, suite aux émeutes de la faim dans plus de trente pays, la FAO se réunit à Genève pour affirmer qu’il faut aider les peuples à se nourrir eux-mêmes ; fini donc les exportations de chez nous à bas prix (le rêve de la Fnsea), il faut tendre à l’autonomie alimentaire (le discours habituel de la Confédération paysanne). Ces jours-ci la raison nous rattrape à grands pas. Déjà ?
Commentaires (2)

Ecrit par harley46 , 06 juillet 2008


Si l’on suit votre raisonnement, ont peut aussi affirmer : plus de Roquefort à Paris, en Europe…
Moins de fabrication de Roquefort, c’est moins de lait de vos brebis, etc… L’industrie agroalimentaire de Roquefort, c’est plus de moitié de l’activité économique du Sud-Aveyron. Alors on fait comment ?
J’ai très envie que vous ayez raison. Le diagnostic est bon. Le remède l’est-il ?