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Dans la déjà longue histoire du sport millavois, Valérian Sauveplane (tir à la cible) est le premier athlète issu d’un club millavois à participer aux Jeux Olympiques. Avant lui, il y avait bien eu Jacqueline Delord, sociétaire du S.O.M Natation mais elle n’était pas issue du club millavois, seulement licenciée. De retour de Pekin, il est venu nous rendre visite. Récit.
Comme Obélix, Valérian est tombé dans le tir lorsqu’il était petit mais là s’arrêtera la comparaison car le sociétaire du S.O.M Tir a plus le physique d’un mannequin que du héros de Gosciny et Uderzo. Très jeune, son oncle, Bernard Bourrel, actuel président de la section somiste, lui donne le goût à cette disciple en l’initiant à la pratique du tir à la cible. Très vite la passion de la compétition va prendre le dessus et faire de Valérian Sauveplane, un membre à part entière de l’équipe de France. Un statut qui vient de le conduire à participer pour la première fois en tant que compétiteur aux Jeux Olympiques de Pékin. En effet Valérian Sauveplane avait eu l’occasion de participer à deux olympiades, Sydney et Athènes mais en tant que spectateur: «La fédération m’avait permis de suivre les Jeux en partie de l’intérieur, cela m’a servi mais n’a rien à voir quand on est acteur» souligne-t-il. Il était présent au sein du village olympique du 2 au 25 août avec pour lui deux dates importantes, le 15 et le 17 août, jours de ses deux compétitions, la carabine 50 mètres couché et la carabine 50m trois positions. Deux disciplines pour lesquelles l’objectif fixé était une participation en finale même si Valérian Sauveplane reconnaît que l’obtention d’une médaille n’était pas irréalisable. C’est donc «avec un sentiment mitigé» que le tireur millavois revient de Pékin. Certes comme Ulysse, il a fait un beau voyage, mais il a du mal à cacher une certaine déception, celle d’être passé à côté du podium notamment dans l’épreuve du 50m trois positions. «Pour le 50m couché, je n’ai pas de regrets car j’étais mal placé, au milieu du stand et c’est toujours plus difficile notamment lorsqu’il y a du vent». La déception se fait plus grande lorsque Valérian Sauveplane évoque son parcours au 50m 3 positions et les deux mauvais coups qui lui coûtent une place sur le podium. Et lorsqu’on lui fait remarquer que participer à deux finales olympiques est quand même pas donné à tout le monde, sa réponse fuse comme une balle «on retient des jeux que les médailles» et comme pour accentuer son regret, Valérian Sauveplane fait remarquer «qu’avec le score réalisé à Pékin dans l’épreuve des 3 positions, il aurait été médaille d’or à Athènes» Une comparaison pas anodine dans sa bouche car elle lui permet de faire part d’une autre frustration, celle de ne pas avoir participé aux Jeux d’Athènes. Une non-sélection qui s’est accompagnée d’un échec sur le plan professionnel : «J’en ai pris un coup au moral, le cumul des deux a été un peu difficile à digérer». Mais en grand sportif, il a su réagir et rebondir comme il est prêt à le faire à nouveau après des vacances méritées. En ligne de mire, les championnats d’Europe de 2009 et un podium avant le Mondial de Munich où il visera un titre. Et le tireur millavois d’expliquer son optimisme : «Je suis beaucoup plus régulier même s’il me reste un peu à progresser debout au 50m 3 positions. Je rentre quasiment toujours en finale et je dois viser plus haut désormais. Si j’avais plus cru en mes chances à Pékin, la médaille était possible» et comme pour accentuer son regret, il lâche «le médaillé d’or du 50m couché, il était 40e en coupe du Monde». L’occasion de faire prendre conscience aux gens combien l’écart entre l’ombre et la lumière dans une compétition ne tient qu’à un fil. Ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres disciplines. Jeux Olympiques : Première participation aux J.O. de Pékin en 2008. Il termine 6e de la carabine 50m couché avec un score de 698,8 et 7e de la carabine 50m 3 positions. Championnats du Monde : 10e en 2006 (50m couché et 3 positions). Coupes du Monde : 3e à Milan en 2001 (50m couché), 7e à Sydney en 2002 (50m couché), 8e à Shanghai en 2002 (10m), 1e à Fort Benning en 2005 + record du Monde (50m couché), 3e à Milan en 2007 (50m couché), 7e à Pékin en 2008 (50m 3 positions). Championnats d'Europe : 9e en 2005 (50m couché) et 9e (50m 3 positions). Championnats de France : 25 titres toutes disciplines et toutes catégories. Jeux méditerranéens : 1er à Almeria en 2005 (50m couché) Meilleures performances 2008 : 50m couché : 596, 50m 3 positions : 1183 Colorado Springs. Records personnels : 50m couché : 600/600 (record du monde), 50m 3 positions : 1183. Valérian Sauveplane est sélectionné en équipe de France depuis 1994. «Dans une bulle» Spectateur privilégié à Sydney et Athènes, Valérian Sauveplane était acteur à Pékin. Un changement de statut qui lui a permis de vivre pleinement cette aventure olympique. «Ce qui m’a le plus marqué c’est que l’on a l’impression de vivre dans une bulle. Tout est fait pour que nous soyons protégés du monde extérieur. Par contre ce qui est génial c’est de pouvoir côtoyer au sein du village des sportifs de renom inaccessibles en temps ordinaire.» Pour autant, Valérian reconnaît que certains ont la grosse tête et pas spécialement les plus titrés ou connus. Le moment le plus fort a été pour lui «l’allumage de la flamme lors de la cérémonie d’ouverture» à laquelle il a participé avec l’équipe de France. Ses rares incursions en dehors du village olympique, il est aller notamment sur la Muraille de Chine, lui ont permis de porter un regard sur ce pays : «Ils ne sont pas rancuniers envers les Français malgré ce qui s’est passé pour la flamme olympique. C’est un peuple très accueillant et un pays qui s’ouvre au monde et au capitalisme. Ce qui m’a surpris c’est le nombre de bénévoles présents partout, du matin très tôt au soir, avec un dévouement que l’on ne retrouve pas en Europe. C’est une culture à part dont on pourrait parfois s’inspirer». Quant à la destruction de certains quartiers dont on a expulsé les gens, Valérian Sauveplane fait remarquer qu’à Sydney, des quartiers arborigènes avaient subi le même sort sans que personne ne s’en soucie.
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